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fondo
CAST. TECHNIQUE

réalisation
*Manuel Huerga
scénario
*Lluís Arcarazo
producteur
*Jaume Roures
chef opérateur
*David Omedes
musique originale
*Lluís Llach

*Cast. technique
  Jaume Roures
producteur

Filmographie choisie

- 'PRINCESAS' (2005, Fernando León de Aranoa)
- 'COMANDANTE' (2003, Oliver Stone)
- 'LOS LUNES AL SOL' (2002, Fernando León de Aranoa)


*Détails IMDB.com


La première fois que je parlai avec quelqu'un de faire un film sur Salvador remonte à une vingtaine d'années; c'était avec Jordi Solé Sugranyes et Manel Muntaner. En 2000, j'en reparlais avec Francesc Escribano. Il écrivait le livre et je l'aidais avec quelques commentaires. Nous nous réunîmes avec des gens du cinéma à Madrid, mais je n'étais pas à l'aise. J'ai toujours pensé que pour porter cet histoire à l'écran, il fallait la sentir et la vivre, chose qui n'en finissais pas d'arriver. Un jour, alors que je déjeunais avec Manuel Huerga, Salvador revint dans la conversation: son visage changea, il en eut la chair de poule et à ce moment-là, je sus que j'allais enfin pouvoir honorer un engagement pris il y avait déjà longtemps.

Je crois que les films que nous avons fait ont la volonté de refléter la dignité des gens. Celle des chômeurs dans 'Los lunes al sol'; celle des prostituées et des immigrants dans
'Princesas'; celle de personnages historiques comme Salvador Allende; celle des victimes des guerres et de la torture dans 'La vida secreta de las palabras', etc.

Pour moi, Salvador Puig Antich représente la dignité de toute une génération, la sienne, une génération solidaire et généreuse ; une génération qui bien que disposant de peu d'instruments politiques se livra à une lutte très dure, féroce, qui plus tard fut occultée par la transition. Toute cette douleur, les prisons, les tortures et les morts furent laissés de côté et aujourd'hui encore, il reste des imbéciles qui en parlent avec légèreté.

Et la mort de Salvador suivit le même chemin. Mais par chance, sa famille et ses amis levaient régulièrement le poing (la tête, ils l'ont toujours gardée bien haute) et rappelaient à tout le monde qu'il faut en finir avec les injustices, qu'on ne peut les oublier. Salvador a toujours été des nôtres: le compagnon de lutte, le frère tendre, le fils de n'importe quelle famille de l'époque, l'amant passionné... et la rage, la douleur et l'indignation que sa mort provoquèrent sont restées présentes toutes ces années dans de nombreux secteurs du pays. Nous nous sommes efforcés de donner forme à tout ceci. Avec Huerga, avec Arcarazo, avec Llach et avec un groupe d'acteurs, d'actrices et de personnes de l'équipe qui, à tout moment, ont fait leur la tâche de rappeler ce qui s'est passé et d'expliquer ce qui se passe encore, ailleurs, autrement, et que la générosité est aujourd'hui tout aussi nécessaire qu'alors. Le tournage a été long mais facile, dur mais tendre, complexe mais enrichissant; nous avons ri et nous avons pleuré, et nous avons vu comment les gens de la rue nous encourageaient. Savez-vous ce que cela signifie, dans un bar ou pendant un match de football de poussins, que des gens que vous ne connaissez pas s'approchent de vous et vous disent de continuer ainsi, qu'il était temps, que ça fait des années qu'ils veulent voir cette histoire, que l'impuissance qu'ils ont ressentie pendant si longtemps doit se transformer en un esprit positif, que nos enfants et ceux des autres doivent savoir que ces choses sont arrivées ici il n'y a pas si longtemps et que nous ne voulons pas qu'elles se reproduisent, nulle part ailleurs, plus jamais?

De tous mes souvenirs, il y en a un que je veux raconter. L'un des jours les plus difficiles pour Arcarazo, Huerga et moi-même fut celui où nous avons montré le film achevé à la famille et aux amis. Ils avaient toujours dit qu'ils ne voulaient pas le voir, mais ils savaient bien, tout comme nous, que cela ne serait pas possible. Nous étions un peu angoissés. Et s'ils n'étaient pas d'accord? Ils arrivèrent comme une équipe à un stage de concentration, comme le dit une chanson de Llach, avec les mystères des gens simples, les yeux inquiets, le corps droit. Et au bout d'un peu plus de deux heures, nous avons pu respirer tranquilles… Nous avions trouvé l'équilibre.

J'espère que quand vous verrez le film, nous pourrons nous aussi respirer tranquilles.


Jaume Roures
texte extrait du
livre du film
DVD

Bande-annonce

le livre
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