MÉLANGE
*Cuenta atrás
*Le livre
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de Francesc Escribano
le livre qui a inspiré le film 'Salvador (Puig Antich)'
'Cuenta atrás: la historia de Salvador Puig Antich' reconstitue et fait revivre un épisode clé de la dernière étape du franquisme: l'exécution d'un prisonnier politique. Il s'agit d'un récit non seulement politique mais également personnel, celui de Salvador Puig Antich. Et il expose les raisons qui le conduisirent à agir comme il l'a fait. Plus de vingt-cinq ans après les faits, de nombreuses questions restent sans réponse et certaines responsabilités n'ont toujours pas été assumées. Au cours de sa dernière nuit, comme il le disait dans sa dernière lettre, Salvador Puig Antich espérait que le sang ne soit pas versé inutilement.
Francesc Escribano (Vilanova i la Geltrú, 1957) est journaliste et professeur associé de Communication Visuelle à l'Université Autonome de Barcelone. Il a travaillé dans la presse et à la radio, mais depuis des années, il se consacre essentiellement à la télévision. Il est l'un des membres fondateurs du programme '30 minuts' et créateur entre autres des séries de la chaîne TV3 'Ciutadans', 'Vides privades', 'Bellvitge Hospital' et 'Veterinaris'. Son livre 'Descalç sobre la terra vermella: vida del bisbe Pere Casaldàliga' a obtenu le prix Gaziel en 1998. En 2000, il a reçu le Prix National du Journalisme (Premi Nacional de Periodisme). En 2004, il est nommé directeur de Televisió de Catalunya.

«Je pourrais mentir mais le fait est que lorsque j'ai vu 'Salvador (Puig Antich)' pour la première fois, je ne sus que penser ni que dire. C'était une histoire que j'avais entendue des milliers de fois et que, pour devoir l'expliquer et l'écrire, j'avais imaginée des milliers d'autres fois. Lorsque je l'ai vue projetée sur l'écran, je me suis rendu compte que ce n'étaient pas les images que j'avais imaginées, comme je suppose que ce ne seront pas non plus celles que garderont en mémoire ses protagonistes directs, et que ce ne sont pas non plus les images des faits tels qu'ils sont arrivés en réalité. Ça ne peut pas être les mêmes images, ça ne doit pas l'être et ce n'est pas le plus important. Ce qui compte véritablement, c'est que 'Salvador (Puig Antich)' possède une force incroyable : le regard porté sur les faits et les personnages est nouveau, intense et émouvant. Et si je me suis senti déconcerté par le film, c'est parce qu'à chaque scène, il me semblait découvrir à nouveau l'histoire. De fait, je la découvrais parce que c'était la première fois que je la voyais. Au-delà de ses vertus cinématographiques, et elles sont nombreuses, le grand apport de 'Salvador (Puig Antich)' est la création d'un imaginaire collectif autour d'un événement clé dans l'histoire récente de l'Espagne.
»J'ai écrit 'Cuenta atrás', entre autres raisons, parce que Ramon Barnils, qui avait également écrit sur l'affaire, m'a convaincu de le faire. Il me dit que rappeler les faits est la seule façon de calmer la rage et d'éviter qu'ils ne se reproduisent. C'est pourquoi j'ai commencé le livre en rappelant que lorsque Salvador Puig Antich a été tué, j'avais quinze ans et aujourd'hui encore, je suis incapable d'oublier cette journée. Comment oublier qu'un vieux et cruel militaire qui avait marqué à vif l'histoire du pays allait mourir en tuant un jeune homme de vingt-cinq ans qui représentait tout ce contre quoi il avait lutté? Salvador était un jeune catalan de classe moyenne, fils d'une famille républicaine. Salvador Puig Antich, qui perdit tout en affrontant le régime franquiste, avait peu de choses en commun avec la plupart de l'opposition antifranquiste. Il était anticapitaliste et antisystème, et il avait fait le choix de vie le plus radical, mais il ne voulait être ni un héros, ni un martyr, ni un symbole. Par conséquent, s'il était en vie, il n'aimerait pas la plupart des choses qui ont été dites ou écrites sur lui. Il n'aimerait pas non plus ni mon livre, ni le film. Mais Salvador n'est plus en vie et rappeler son histoire n'est pas une dette que nous avons envers lui, ni envers nous-mêmes, ni envers nos enfants. Se rappeler est le meilleur moyen de dire 'plus jamais'.»
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