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MIRITO TORREIRO @ 'EL PAÍS' | 15-09-06 (…) Dont le scénario et la mise en scène conduisent inexorablement le spectateur vers un dénouement impressionnant, angoissant. Pas seulement parce que l'on sait pertinemment comment l'histoire se termine, mais aussi parce que chacun des détails de cette conclusion déborde de réalisme et de crédibilité et fait de la vision de ce film un exercice presque irrespirable. (…) Le film devient un moment absolu, magistralement insupportable... tout comme l'histoire de ce jeune homme qui refusa de vivre prisonnier de la peur. A. FANCELLI @ 'EL PAÍS' | 15-09-06 Allez vite voir le film. Et pleurez sans complexes: c'est un excellent moyen de comprendre. Ce film est la meilleure plaidoirie possible contre les révisionnistes qui parlent de «dictamolle». E. RODRÍGUEZ MARCHANTE @ 'ABC' | 15-09-06 (…) Une histoire qui possède personnalité, force et sens de la tragédie, et traite d'un personnage excessif, un looser, un anarchiste déjà condamné à mort au moment des derniers râles du franquisme, et qui fut le dernier à être exécuté au garrot vil. (…) Le réalisateur porte un regard chaleureux sur le personnage de Salvador Puig Antich, qu'il cerne bien, au moins le temps de cette petite histoire. (…) Sans s'aventurer dans cette dangereuse ruche de la «mémoire historique», il n'en est pas moins vrai que ce 'Salvador' touche. ANTON MERIKAETXEBARRIA @ 'EL CORREO' | 15-09-06 'Salvador' devient donc une inéluctable chronique de notre temps, réalisée avec passion, qui n'a pas peur des mots, rehaussée par une inéquivoque inflexion populaire -et non populacière-, malgré l'apparition dans l'histoire de certains personnages un peu déplacés, comme la fiancée de Puig Antich. (…) Ainsi, les nouvelles générations ne devraient pas dédaigner des efforts créatifs comme celui de Manuel Huerga, secondé à tout moment par un acteur du calibre de Daniel Brühl, capable de nuancer jusqu'à l'extrême son complexe personnage. Un personnage qu'il vit intensément, sans fausse note, avec le grand magnétisme qu'apporte la force de son regard, capable de suggérer tellement de choses. Un film, en définitive, qui montre une bonne fois pour toutes que la simplicité est la courtoisie des réalisateurs courageux. JESÚS MANUEL RUBIO @ 'LAS HORAS PERDIDAS' | 16-09-06 (…) En l'occurrence, le portrait est juste et extrêmement riche, pour une production qui exploite très bien toutes les ressources, allant au-delà de la moyenne espagnole mais sans jamais trop en faire. Quiconque travaille dans le monde du cinéma sait combien il est difficile de recréer une époque aussi récente que les années 70, lorsque les souvenirs sont encore aussi vivaces –il en aurait été tout autrement, par exemple, de l'Espagne impériale, dont personne ne se peut se rappeler. Pour continuer dans les parallélismes, 'Salvador' montre aussi des batailles, débordant littéralement d'affrontements, de coups de feu, d'armes, de fumée et de chevaux : si, littéralement. Et de poursuites, et de violence, et de moments d'action incroyablement convaincants et véraces. Sauf que cette fois, on assiste sans voix au déroulement de l'action et on se sent fier de la réalisation, du montage et de la photographie. Lorsqu'un film est si puissant, c'est un plaisir de parler de l'aspect technique. (…) Le rythme du film est incroyablement soutenu, chose surprenante pour le cinéma espagnol, surtout vus l'excellent résultat des scènes de coups de feu et de charges policières et l'argent investi dans chaque tir manqué, dans chaque vitre brisée, et dans l'utilisation de la vidéo haute définition pour certaines prises. La direction artistique est tout bonnement parfaite et l'un des passages du groupe armé rappelle, pour l'éclairage et le contre-éclairage blanchâtre et l'esthétique années 70 à la touche bien française, le récent 'Munich'. À souligner: la séquence «collage» avec un graphisme pamphlétaire et B.D. à la fois, ainsi que toutes les scènes reposant sur la géniale bande originale internationale dont le point culminant est le 'Suzanne' de Leonard Cohen. LLUÍS BONET MOJICA @ 'LA VANGUARDIA' | 17-09-06 (…) Mais 'Salvador' émeut et trouble le spectateur, en grande partie grâce au magnifique travail de Daniel Brühl, qui apporte une crédibilité absolue à ce jeune homme, utopique révolutionnaire, plutôt désorienté à ses débuts. Ses relations dans la prison de La Modelo avec l'un des gardiens (interprété par Leonardo Sbaraglia en remplacement de Sergi López, premier choix du réalisateur), sont encore l'un des grands supports émotionnels d'un film qui soulage l'oubli historique sans discours manichéens ni embrouillés. BEGOÑA DEL TESO @ 'DIARIO VASCO' | 17-09-06 (…) Et tous pleurèrent. Tous pleurèrent ce jour de mai à Cannes, lorsque 'Salvador' fut projeté dans la difficile catégorie «Un certain regard». Tous pleurèrent par ce sombre vendredi après-midi, dans la salle 7 du Príncipe, pour la première du film de Huerga et de bien d'autres, y compris les sœurs de Puig Antich. Tous pleurèrent car c'est un bon film, un film puissant qui narre les moments les plus intenses de la vie et la mort d'un jeune garçon qui lutta contre Franco et ses sbires de la façon dégingandée dont bien d'autres luttèrent tandis que, nous le savons presque tous, les autres regardaient ailleurs. Tous pleurèrent à Saint-Sébastien et à Cannes, au théâtre Claude Debussy, et tous applaudirent pendant de longues minutes, la gorge serrée. Tous pleurèrent et tous applaudirent en présence des sœurs de Puig Antich récemment présentes à Saint-Sébastien pour les dites Rencontres du Cinéma et des Droits de l'Homme, car entre autres, 'Salvador' s'achève sur un générique de fin ponctué de la poignante chanson de Llach; une chanson dans laquelle il dit que «s'il chante triste, c'est parce que ses pauvres yeux et ceux de bien d'autres gens sont emplis d'une peur que personne ne peut gommer». 'Salvador' possède un incroyable pouvoir visuel, celui qui correspond à un réalisateur de l'envergure de Manuel Huerga, qui dirigea la très intense 'Antártida'. Un pouvoir visuel, cinématographique, qui va crescendo de telle sorte que la Mort cerne le séducteur jeune homme avec le 'Suzanne' de Leonard Cohen comme musique de fond ; le jeune homme qui franchit les frontières et braque des banques pour la cause tandis que sur la bande originale, on peut entendre le 'Knocking On Heaven's Door' d'un Bob Dylan qui, un jour, fut lui aussi rebelle. Bien sûr, 'Salvador' possède un côté hagiographique. Bien sûr. Cinématographiquement parlant, c'est inévitable. Dans le film, on assiste à la naissance d'un homme, d'un héros, d'un mythe et on en oublie qu'à l'époque, bien peu se battirent pour lui. 'Salvador' est un film très abouti. Des scènes comme celle de la petite sœur qui joue dehors pendant que, pendant que, pendant que… n'ont pas de prix. Et si elles en ont un, il se paie en or pur. Bien sûr, 'Salvador' est très film par certains côtés. Mais de bons côtés. Et bien sûr que les agents de la Brigade Sociale sont des fils de leur mère. Ni plus ni moins. Bien sûr que oui. PELAYO LÓPEZ @ 'SIGLO XXI' | 18-09-06 (…) De nombreux acteurs et actrices dont le travail fabuleux fait du film un de ces films d'autrefois, où abondent les comédiens et comédiennes secondaires : Aida Folch, Antonio Dechent, Beatriz Segura, Carlos Fuentes, Celso Bugallo, Ingrid Rubio, Joaquín Climent, Joel Joan, Leonor Watling, Mercedes Sampietro… Et s'il est vrai que l'on entend la musique de légendes comme Leonard Cohen, tous n'en jouent pas moins au rythme de la musique d'un catalan tout aussi illustre, Lluís Llach, qui nous offre une partition en accord avec l'histoire, nettement différente de ce qu'il fait habituellement et dont la chanson finale, dédiée à la mémoire du protagoniste, est le couronnement du film. (…) La haute définition a permis au réalisateur d'utiliser différentes textures et tonalités en fonction des scènes de prison ou de ville, des scènes prenant place en Espagne ou en France… En ce qui concerne le montage, très actuel et dynamique, il ne perd jamais de vue l'essence de l'époque. On soulignera le générique du début en noir et blanc, comme à l'époque, et teinté du rouge du sang versé, le tout ponctué d'images de personnages dont, au cours du film, on comprendra le lien avec le fatidique dénouement. (…) Le film, soutenu par la famille de Salvador Puig Antich, est un exemple flagrant de l'engagement d'un art, une leçon collective pour la société qui n'oublie jamais qu'elle n'est qu'une couche de celluloïd, une leçon de mémoire historique et une leçon de cinéma à la fois. Téléchargez en format PDF le reportage du film 'Salvador (Puig Antich)' publié le 03-09-06 dans la revue 'El País Semanal'. |
